Le peintre Faget-Germain et ses oeuvres

Exposition Constantine

Cet article de Henri GAIROARD est extrait de la revue les arts :

Né à Bordeaux ou il fit de brillantes études à l'Académie des Beaux Arts, le peintre Pierre Faget-Germain est un Algérois d'adoption. En effet arrivé en Alger il y a vingt cinq ans et conquis par la luminosité de son ciel, labeauté de ses sites, il s'y fixa. Il ne tarda pas, aussi, à y établir solidement une réputation déjà appréciée outre-mer.

 

Ses succés, depuis, n'ont fait que croître. Et pourtant Pierre Faget-Germain n'était jamais encore venu montrer ses oeuvres à Constantine. C'est chose faite aujourd'hui et disons de suite que son exposition, ouverte dans les salons de l'Hôtal Cirta, et que présente Madame Bruynell, peut etre considérée comme un véritable événement artistique.

 


Pierre Faget-Germain y apporte le témoignage d'une profonde sensibilité, d'une virtuosité exceptionnelle et d'un sens incontestable des valeurs.

 

Et c'est à une captivante promenade, à une douce évasion, à de véritable vacances, en un mot, qu'il nous convie dans ses oeuvres favorites : des paysages dont il a su capter toute la poésie, restituer les aspects multiples auxquels il a donné une âme.

 

Que ce soit la masse imposante de Kerrarta coiffés de neige, découpant leur silhouette dans un ciel noir d'orage, ou les falaises de Tabarka battues par une onde bouillonnante; que ce soit Azemmour, les dunes désolées d'Agadir semblant partir à la conquête d'un rivage désertique, les Ksars de l'Atlas marocains semblables à des forteresses féodales, partout l'artiste révèle sa parfaite maitrise et la richesse d'une palette somptueuse.

 

Les sous bois de Bugeaud, les rivages landais doucement caressés par les derniers feux du couchant et les éblouissantes calanques de la Côte d'Azur, celles plus sauvages de la Corse, la mer calme et limpide ou furieuse et écumante aux jours de tempête, ont été fixés de façon saisissante.

 

L'ensemble de cette exposition d'une homogénéité parfaite souligne la grande valeur de l'artiste dont l'oeuvre ne pourra manquer de s'imposer à Constantine comme elle s'est imposée ailleurs.